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Dominique avait prévenu : « Je n’ai pas prévu de m’arrêter ni de me mettre à l’abri. On va porter la toile du temps, notre joli petit foc rouge, et on fera le dos rond… ». Il a tenu parole.

Extraits de ses aventures issues du site de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe

Vacation du 14 novembre à 14 heures

« Ca va bien dans la grosse molle. Je pars au large pour chercher du vent. Toute la nuit, les voiles ont claqué. J’ ai fait du près et du travers toute la nuit. Je suis parti vers une petite dep. J’en profite pour faire un peu de mécanique. Je me suis douché, rasé, prêt à continuer. J’ai rempli d’eau la ligne d’échappement du moteur. Donc je bricole un peu car il faut préserver le moteur. Trente litres de flotte à enlever à l’éponge. Je reçois beaucoup d’emails, quelques coups de fils aussi. J’ai emmené plein de bouquins que je n’ai pas commencés, et qui sont pleins de flottes avec les conditions qu’on a eu depuis le départ. Je trouve que le temps passe très vite. Je regrette de ne pas savoir où sont les copains. Je ne sais pas où ils sont et cela m’énerve. Je reçois un petit rapport du bureau chaque semaine, que je lis et auquel j’apporte quelques réponses. Sinon je suis déconnecté. Ma question existentielle du jour, c’est qu’est ce que je vais mettre dans la casserole. Pour la première fois je vois le soleil, et je commence à enlever les polaires. C’est une belle journée, il ne me manque plus que quelques noeuds de vent pour me sortir de là. Francis Joyon, c’est génial! il mérite. C’et une force de la nature, et un marin exceptionnelle. IDEC SPORT gagne pour la 3ème fois. C’est exceptionnel. La technologie foils n’est pas encore fiabilisée dans les conditions difficiles. »

12 novembre

Dominique pare le cap Finisterre après 7 jours de tempête et de labeur. Il avait choisi de faire le dos rond toute la semaine, encaissant les passages virulent de pas moins de quatre fronts dépressionnaires.

Vacation du 10 novembre à 15 heures

Ca se passe de mieux en mieux, je fais du sud. J’ai passé une nuit avec 30 – 40 noeuds dans le nez. J’hésite à renvoyer la GV sinon je ne vais pas passer Finisterre sur un seul bord. Je commence à en avoir marre. Pour moi le Rhum c’était l’alizé et la chaleur. La mer est toujours grosse. Le près dans du vent, ça va, mais renvoyer la GV dans 5 m de creux, c’est très compliqué. J’attends d’être sûr de mon coup pour préserver le bateau. Si je casse maintenant, tout s’arrête. Ce serait dommage. J’ai perdu mon grand spi asymétrique. Le bateau a été couché à 3 reprises, le spi a glissé et je n’ai pas pu le remonter. Déception! J’ai aussi des problèmes de fuite sur l’échappement moteur… Il y a une fuite sur la vanne. J’ai colmaté avec du ruban. Sinon , j’en ai un peu marre. J‘ai pu dormir la nuit dernière. Auparavant, j’ai vu le vent monter à 50, 60, 70noeuds. Le bateau est génial, il tient toujours. Grande confiance dans le bateau. Je cherche du vent portant. Marre de marcher sur les cloisons. Envie de mettre de la distance entre ceux qui se sont arrêtés et moi… »