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Hommage du Yacht Club de France à Yves Courcelle, Membre du Club, qui nous à quitté le 31 août 2014

carcelle

 

Paré à virer ? … Envoyez !

Yves acceptait recevoir des ordres mais seulement en régate !

Dans l’immense flot mondial de louanges de ces derniers jours, très peu évoquent la passion qu’il avait pour la mer et les bateaux.

Vous ne le savez peut-être pas tous, mais Yves Carcelle a vraiment marqué l’univers de la voile.

Nageur infatigable, plaisancier passionné, régatier : je crois que rien ne lui faisait plus plaisir que naviguer l’été avec ses enfants, Nicolas et Christophe et ses amis les plus chers sur Waïmiti. Il aimait aussi affronter le vent sur son Runa, un petit bateau – deux même – qu’il avait découvert à l’état d’épave et qu’il avait restauré avec enthousiasme.

Pendant près de 25 ans, j’ai, avec d’autres, travaillé auprès de lui au succès de la Louis Vuitton Cup qu’il a toujours soutenue contre vents et marées.

Non seulement parce que cette régate lui plaisait mais parce qu’il avait compris l’importance de ce long engagement pour Louis Vuitton.

La grande famille de l’America’s Cup est en deuil. Nous avons reçu des centaines de messages, des photos d’un Yves heureux, fêtard, incapable d’aller se coucher et toujours prêt à écouter les plus simples et prendre le temps de leur parler…

Nous avons tous eu une énorme chance de vivre si près de lui. Il nous a inspirés et rendus meilleur !

Il ne nous laisse pas seulement des souvenirs mais une trace de vie, un sillage que nous allons suivre.

Ces dernières années, j’ai eu le bonheur de régater sur Runa et j’ai passé des heures à discuter avec lui de ses deux petits bateaux de course, à l’aider à les améliorer pour qu’ils s’imposent. Yves a gagné deux régates majeures à Cannes et à Porquerolles en 2013.

Plus récemment, même s’il ne laissait rien paraitre, la faiblesse était visible et son corps à corps, avec la maladie, intense. Mais il était avec nous, riait, buvait et ne cessait d’évoquer des projets.

Cette fois, nous n’avons pu gagner’

Yves- « notre » Yves à tous – s’est éloigné vers le large et son immense voilure s’est doucement approchée de l’horizon avant de s’estomper.

J’espère, comme beaucoup d’entre vous, que d’autres, nombreux, ont vu cette voile apparaitre de l’autre côté de cette ligne d’horizon, qu’ils l’ont vue grandir, et qu’ils s’en sont réjouis.

Yves, nous ferons encore des régates ensemble… Runa est dans le vieux port de Cannes mais il tire sur ses amarres.

Où que tu sois : voilà ce qu’on se dit entre marins : bon vent et bonne mer !

Bruno Troublé