C’est avec effroi que le Yacht Club de France a appris ce jour le décès de ce grand marin qu’était Charlie Dalin. En ce jour de tristesse, nos pensées vont tout d’abord à sa famille, à son jeune fils, à son équipe et à ses proches. Nous pensons aussi à la ville du Havre et à la SRH, Société des régates, une fois encore endeuillées après la disparition de Paul Vatine.

En novembre 2023, il avait dû renoncer au dernier moment à participer à la Transat Jacques Vabre, pour raisons de santé mais sans révéler le mal qui le rongeait.
Un an plus tard pourtant il prenait le départ du Vendée Globe. Ce n’est qu’à l’arrivé, qu‘il franchit en vainqueur dans le temps record de 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes, qu’il fit état de sa maladie. La France entière et tous les grands médias s’inclinèrent devant le courage et la résilience dont il dut faire preuve pour surmonter cette double épreuve : Il eut à se battre contre le temps, celui de la course comme celui de la maladie. Cet homme si discret et maître de lui peina à retenir ses larmes lors de la remise des prix, ce qui en dit long sur l’émotion qui l’étreignit et dont personne à cet instant ne pouvait supposer la profonde raison. Il remporta ce jour-là une double victoire : celle de la vie et celle de la course.

Charlie Dalin était de cette nouvelle génération de skipper-ingénieurs, à l’instar de François Gabart ou Yoann Richomme, d’un an son cadet. Au talent de navigateur, de financier et de manager, ils ont ajouté une dimension scientifique à leurs projets, ouvrant une nouvelle page de la navigation océanique et le développement des bateaux. Charlie était en recherche permanente d’amélioration, d’optimisation, de performance de son bateau mais aussi pour lui-même. Il gardera cette exigence jusqu’à son dernier souffle, ne renonçant jamais à faire face et à se battre.

S’il a perdu sa dernière régate, il laissera une trace indélébile, à l’instar d’Éric Tabarly et de tous nos marins français qui ont consacré ou donné leur vie à la course océanique. Il aura également contribué à faire de notre pays la plus grande référence mondiale en matière de course océanique.
Il laisse derrière lui une équipe aux mains de Sam Goodchild qui a déjà montré par ses résultats qu’il est à la hauteur du flambeau que Charlie leur a passé. Au-delà de l’épreuve qu’ils traversent, nul doute qu’ils sauront poursuivre son œuvre, avec l’exigence qui était la sienne et qui le conduisit à ses succès.


